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Éveil à la vie
«tiré de la revue Actualités bibliques vol. 29.2 publiée par la Société biblique canadienne». Avec leur autorisation.
Émerveillement
Nous devons, aujourd'hui plus que jamais, retrouver notre émerveillement devant la vie et acquérir la sagesse. Nous sommes inondés d'informations qui invitent à l'efficacité et offrent les moyens de jouir d'une santé resplendissante. Mais nous ne pénétrons guère les raisons profondes de cette quête.
Nous devons nous éveiller à la vie, à ce don inouï de Dieu que nous ne saurions recevoir comme un dû. Beaucoup d'entre nous ont une vision mathématique de la vie. Nous comptabilisons volontiers les éléments positifs et
négatifs de notre vie. Mais ce faisant, nous négligeons d'apprécier le don, ô combien étonnant, de la vie elle-même. Dans une culture dominée par l'analyse des profits et des pertes, il est facile de passer sous silence les réalités les plus fondamentales ; précisément celles dont la valeur est incalculable, celles que nous ne maîtrisons pas.
L'expérience peut ou devrait en effet nous apprendre que nous ne pouvons contraindre quelqu'un à nous aimer ou à nous accorder son amitié. On n'achète pas l'affection. Quand celle-ci surgit dans nos vies, nous prenons conscience de sa richesse et de sa gratuité. De la même manière, nous ne saurions fabriquer la foi ou l'espérance. Nous pouvons accueillir la foi comme une grâce, et demeurer sous sa mouvance. Nous sommes
libres de la fortifier, mais nous n'avons aucun pouvoir sur elle. De même, ce n'est ni par la pensée profonde astreignante, ni par l'application de nouvelles techniques que nous allons nous prémunir contre le doute ou le désespoir. L'espérance jaillit en nous. Nous ne l'engendrons pas.
Sommes-nous blasés ?
II est si facile de prendre la vie pour un fait acquis ! Nous respirons, nous mangeons, nous marchons, nous pensons. Nous ne sommes pas surpris d'avoir tous nos membres ! Nous sommes plus surpris de voir un unijambiste que de réaliser que la
plupart d'entre nous se tiennent sur leurs deux pieds ! Nous nous endormons, mais en comptant bien
nous réveiller ! Nous ne songeons au débit des rivières ou au flux régulier des eaux que si l'inondation ou la sécheresse nous menacent. Nous comptons bien gérer notre propre vie et même celle des autres ! Nous voulons décider du début et de la fin du jour et de ce que nous ferons dans l'intervalle. Nous sommes aussi tentés de décider du moment où commencera la vie humaine, de la manière dont elle sera vécue, et du
moment où elle pourra ou devra se terminer. La tendance actuelle est de vouloir tout gouverner et tout contrôler. Cette attitude est devenue étouffante. Nous devons nous en affranchir, reprendre vie !
Comme au premier jour
Puissions-nous respirer et accueillir chaque souffle comme une bénédiction ! Puissions-nous considérer comme autant de bienfaits divins l'air que nous respirons, l'univers qui nous contient, le sol que nous foulons du pied, le souffle créateur des générations qui nous ont précédés, la succession des jours et des nuits. Puissions-nous nous émerveiller de ce qu'il y ait des ténèbres et de la lumière, de ce qu'il y ait
un soir et un matin !
Écoutons le battement de notre coeur ! Prêtons attention aux espoirs et aux craintes qui jaillissent dans nos âmes et pourtant les transcendent. Quels que soient les fardeaux et les blessures de la vie, nous sentons encore battre nos coeurs ! Voilà ce qui doit susciter notre émerveillement.
Arrêtons-nous et regardons tous les gens qui nous entourent. Qu'ils soient amis, ennemis, ou simples connaissances, accordons-leur tout le respect qui leur est dû, puisqu'ils sont tous créés par Dieu.
Que notre pensée s'élargisse aux dimensions de notre planète qui poursuit sa course effrénée dans l'espace sans pour autant qu'en soit perturbée notre tranquillité. Hélas ! Notre monde est encore défiguré par les calamités et la cruauté, mais il est aussi le lieu où nous sommes appelés à croître et nous épanouir.
Gratuité et gratitude
Lorsque nous contemplons le mystère d'un nouveau jour, lorsque nous comprenons que celui-ci n'est ni un dû, ni un acquis, nous sommes envahis par un sentiment de reconnaissance face au don de la vie. Lorsque nous entamons la journée avec gratitude, nous débordons d'allégresse, d'émerveillement. Un sentiment de confiance jaillit en nous devant ce qui nous est donné et qui nous dépasse. Nous méditons sur le mystère du
recommencement de chaque journée, comme au premier jour de la création. Nous méditons sur le jaillissement de toute vie... et nous voyons que cela est très bon !
C'est ce sens de la bonté de la vie et de la création qui est cher au coeur des chrétiens. Notre foi plonge ses racines dans un sentiment de gratitude, car les éléments les plus fondamentaux que sont la vie, l'amour, la foi et l'espérance ne sont pas de notre ressort. En effet, nous ne pouvons pas nous donner naissance, nous ne pouvons contraindre les autres à nous aimer, nous ne pouvons forger la foi ou l'espérance qui
soutiennent nos vies. Ce sont là autant de réalités qui nous dépassent!
Adapté de Réveil à la vie,
publié par le Regroupement catholique pour la santé, la justice et la vie.
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