J’ai rencontré cet homme qui devint le père de mes
enfants dans un camp de vacance. Il enseignait la classe des ados. Moi
j'étais dans sa classe. Cet été là il enseignait sur les fréquentations.
Ce qui m’a surtout attiré est le fait que je n'avais pas l'habitude
d'entendre des garçons parler de la bible! Il semblait vraiment la
connaître.
Nous avons correspondu par écrit environ un mois avant de se fréquenter,
ensuite, ce fut moins de 2 mois avant qu'il mentionne que j'étais celle
qu’il voulait, mais nous nous sommes fréquentés 2 ans avant de nous
marier, car je n'avais que 16 ans et on devait attendre que j'en aie 18.
Je m’étais bien rendu compte qu’il était un abuser et manipulateur. Et
même si je m’en étais rendu compte je l’ai épousé quand même, parce que
je sentais que je n'avais pas le choix. Il disait souvent qu'il était un
homme de Dieu, que beaucoup de gens lui en voulaient pour cela, que
Satan s'en prenait à lui parce que Satan n'aime pas les hommes de Dieu.
Je le croyais. Je me sentais coupable de douter qu’il soit un homme de
Dieu.
Je ressentais déjà tous ses abus, mais je le croyais; que c’était la
faute de Satan, qui n’aime pas les hommes intègres, car il se disait
humble et intègre. Je priais tous les soirs pour que le Seigneur
m’enlève tous doutes. J’avais des doutes sur lui, des doutes sur
moi-même… peut-être était-ce moi qui exagérait? Peut-être était ce moi
qui étais trop sensible. Je l’ai marier en sachant qu’il serait un mari
difficile à plaire. Je me sentais prise et engagée au point qu’une
annulation de mariage me semblait impossible. Tout de suite après le
mariage, son attitude froide et, en fait, ce qu’il était d’habitude
n’était qu’amplifié, car, comme il a dit à mes parents le soir même du
mariage, j’étais à lui maintenant… Je portais son nom… L’abus et la
dictature suivi son cours, mais beaucoup plus profondément et intimement
maintenant que nous étions mariés, car il avait maintenant tous les
droits en tant que mari « chef » de famille.
Il m’empêchait d'avoir des contacts personnels avec ma famille ou amis.
Je devais lui demander pour tout incluant pouvoir prendre une douche.
Que tout devait être parfait dans la maison jusqu’à ne pas laissé
d'ustensile sale dans l'évier ! Être celle qui fait tout pour les
enfants seules. Je devais lui demander avant d'aller acheter du lait
etc. Et aussi avoir une liste de loi, comme de rentrer au plus tard que
5 heures pm même si j’allais prendre une marche avec les enfants. Il me
traitait d'insoumise, de femme rebelle, de marcher avec Satan, de ne pas
faire la volonté de Dieu, d'être un mauvais exemple pour les enfants
Je n'étais pas heureuse, mais, avec tout ce qu’il disait, je croyais que
je remplissais mon rôle de femme soumise. Je vivais cela très
difficilement et je ne pouvais pas en parler à personne car il était
pasteur à ce moment, donc très dur de parler contre son mari et encore
plus s’il est le pasteur. Dans le fond de moi-même, je savais que c’est
lui qui n’avait pas de sens, mais je me doutais quand même et mon mental
était totalement sous son contrôle. Je l'écoutais sans rien dire.
Lorsque tu m’as contacté pour t’aider à faire un site sur la violence
conjugale, Carole. J’ai tout de suite accepté. Car cela faisait
longtemps que je voulais faire une étude là-dessus pour étudier mon
propre "cas". Je savais que je n'étais pas la femme qu’il disait que
j'étais. Je suis douce, simple, je ne cris jamais, je n'insulte pas. Je
n'ai jamais rien demandé de cet homme la, je ne demande même pas qu’il
enlève ses bottes avant d'entrer. Je suis le genre de femme qui est
contente de rien et qui ne demande ni ne s'attend à rien de son mari. Je
savais qu’il n'avait pas raison de me dire que j'étais rebelle et
insoumise. Donc faire les études m'a aidé à me le confirmer davantage.
Ta demande ma donné le coup de pied que j’avais besoin pour commencer
ces études. Je dirais que Dieu savait nos besoins et c’est servi de
l'autre pour l'autre, je dirais aussi, que faire les études que tu m’as
demandées mon ouvert les yeux. Donc si tu ne m'avais pas demandé de
l'aide pour créer le site cela aurait pris un peu plus de temps avant
que j’aie le courage de retrouver confiance en moi-même assez pour dire
« je suis une bonne femme, je ne suis pas ce qu’il m’accuse » donc, sans
cette assurance, j’aurais pris plus de temps à partir.
Après que je suis revenu de l’avoir laisser en août la première fois, il
couchait sur le divan. Il venait au milieu de la nuit prendre ce qu’il
voulait sexuellement et après ça retournait sur son divan. Et nous
sommes allés voir un thérapeute chrétien.
Le thérapeute m’a dit que Monsieur X était un psychopathe à son avis et
que je devrais le laisser pour de bon un jour. Qu’il n'allait pas
changer! Après 3 rendez-vous, monsieur x a annulé nos rendez-vous avec
lui, car il en voulait un qui prendrait son côté a lui. On en a vu un
autre vers décembre, il était plus mou celui-là mais ne m'a jamais
rencontrer seule. Monsieur x parlait tout le temps et répondait à toutes
les questions à sa façon mais le conseiller a vu son jeu quand même, on
a vu se conseiller jusqu’au jour ou je me suis sauvé.
Quoiqu'il ne m’a jamais battue, la seule fois ou cela a été physique
c’est quand il a poussé ma chaise où j'étais assise dessus, car je
tapais son sermon et il était fâché car je n'avais pas fini à l'heure
qu’il m’avait dis de finir.
Je l'ai quitté pour de bon 2 jours plus tard. J’avais pas planifié de le
laisser ce jour là. J'avais appelé Monsieur X ou il travaillait pour
demander si je pouvais aller chercher du lait. Il n'était pas là. Donc
j'ai habillé les enfants et je suis allé en chercher. Mais en arrivant
pour payer j'ai vu qu’il avait encore été dans ma sacoche et enlevé ma
carte de guichet….
C’est là que ça ma cliqué, ce moment-là que ça n'avait pas de bon sens.
J'ai jamais rien acheté, c’est pas comme si j'avais déjà acheté un
manteau de fourrure. Je devais lui demander la permission pour acheter
du lait pour mes enfants et il m'enlevait ma carte de guichet quand il
n'était pas content.
C'était un lundi ça. Et c’est le samedi soir qu’il m'a poussé car son
sermon était en retard. Il ne m’avait pas parlé depuis ce soir là, il
boudait, il ne mangeait pas mes repas. Il m'ignorait totalement.
Donc ce samedi soir là, je lui avais fait un sourire involontaire quand
il m’a dit " cette semaine, je vais vendre le lit et en acheter 2 lits
simples" j'avais trouvé ça drôle qu’il pense que ça me dérange car
rendu-la moi j'aimais mieux pas coucher avec. Lundi, j'ai laissé mon
lait pas payé sur le comptoir du magasin et je me suis dit "je ne
retourne pas chez nous" j'ai marché, je ne sais pas trop ou dans la
ville. Je ne connaissais personne sauf les gens de l'église donc j'étais
assez mal prise. J'ai marché 3h pour aller chez ma meilleure amie. Je
savais qu’elle me comprendrait. Mais ils n'étaient pas là. J'ai marché
une heure de plus et là j'ai été chez un des anciens. C e jours là ma
propre conscience a fini par être plus forte que ses paroles. Je n’avais
pas planifié du tout de partir et oui je sais que c’est Dieu qui m'a
conduit.
Dieu m’a délivré de cela je lui rends toute la gloire!!! Mon coeur fut
rempli d’une paix que je ne peux expliquer. Je devins humaine à nouveau,
je me suis permis d’avoir mes propres sentiments, être moi, tout
simplement. Surtout, j’avais compris que l’abus n’a pas besoin d’être
physique pour détruire.
Un an après mon départ, j’ai rencontré un homme avec qui j’étais déjà
seulement amie. Nous sommes tombés amoureux l'un de l'autre. J’étais
dans les procédures de mon divorce et je savais que le temps n’était pas
le meilleur. Nous sommes tombés et je me suis retrouvée immédiatement
enceinte. Nous nous sommes repentis devant Dieu d’avoir été faibles.
Lorsque j’ai vu le test positif, nous avons pleuré tous les deux.
C’était une joie et une tristesse en même temps. La tristesse d’avoir
fait de la peine à Dieu et aux chrétiens, mais la joie d’un enfant
d’amour est naître. Malgré notre faute, nous avons décidé de continuer
dans la volonté de Dieu, de ne pas vivre ensemble.
J’ai vu la Grâce de Dieu sous toutes ses formes. J’avais marié un
pasteur, étant vierge et remplie de bonne volonté, j’avais tout fait
pour plaire à Dieu et mon mari. Dieu m’en avait délivré par sa Grâce.
J’étais tombé, Dieu avait décidé que je sois enceinte. Peut-être
savait-il que j’avais besoin de vivre cette différente forme de Grâce.
Peut-être fallait-il que je sois humiliée, jugée et condamnée pour
moi-même pour voir exercer la Grâce merveilleuse du Seigneur envers
d’autre?
J’aime mon Sauveur plus que tout. J’ai vu son amour et sa bonté, sa
douceur et sa miséricorde, plus que j’aurais jamais pensé la voir. Il ne
m’a pas abandonné quand je souffrais avec un homme. Et il ne m’a pas
abandonné quand j'ai commis un péché grave avec un autre.
Aujourd’hui je suis remariée et très heureuse avec le père de ma fille.
Elle s’appelle Grâce…. Et pleine de grâce elle est!
L'ABUS: J'aimerais ajouter que l'abus n'a pas besoin d'être physique
pour détruire. Trop de femmes, comme moi, pensent qu'elles ne sont pas
abusées car elles ne se font pas battre, mais l'abus émotionnel et
psychologique est aussi néfaste et détruit autant.
Dieu vous bénisse!!